Le temps qui passe
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Ma réflexion
Est-il besoin de prendre conscience que le temps passe pour se persuader qu’il existe. Nous savons qu’il nous entoure, qu’il est présent, mais nous avons du mal à le définir. L’homme a toujours tenté de le maitriser, d’en faire un allié. Il l’utilise pour borner, donner des repères, pour créer une chronologie dans le déroulement des évènements. Il a fait preuve d’ingéniosité pour le piéger, le mettre en évidence, en créant des mécanismes complexes ; des sabliers, des cadrans solaires, des horloges et autres calendriers… Il a rendu le temps palpable, quantifiable.
Il existe un autre temps, libre de tous liens, qui avance imperceptiblement sans dire son nom. Il incarne à la fois, le passé, le présent et le futur. Il officie, tapi dans l’ombre, sans nous demander notre avis. Nous pouvons essayer de l’approcher en l’observant, en tendant l’oreille. Le simple fait de faire le constat suivant, « lorsque nous parlons, le son est-il à peine sorti de notre bouche, qu’il est déjà dans le passé ». Cette simple constatation pose question sur l’instant présent. La question que je me suis toujours posée à son sujet et que je me pose encore, « existe-il vraiment ? »
C’est une question majeure car l’espace que nous occupons est associé au temps. Si le présent n’existe pas, qu’en est-il de cet espace que nous sommes censés occuper.
La construction de la toile
Comment représenter le temps qui passe. Je l’ai fait en mettant en avant le mouvement, la parole et l’écriture. Le personnage en bleu est le point d’accroche principal en raison de sa couleur. Il symbolise le mouvement et le temps qui l’accompagne. Son corps se désagrège, au fur et à mesure qu’il avance. Alors que L’œil ne voit jamais la trace laissée par les images précédentes, j’ai fait apparaître la décomposition de l’image pour créer l’illusion. La dernière image qu’il nous renvoie, celle qui est la plus nette, symbolise l’instant présent. Elle se désagrégera comme les autres pour laisser sa place à la suivante.
En fond de toile, une ébauche de visage, impersonnelle, mal définie et de couleur grise pour se fondre à la toile. Ce visage imposant a pour rôle d’attirer le regard. Il n’est là que pour justifier de la notion de temps dans le langage. Il met en avant une bouche largement ouverte de laquelle sort un message qui amène la réflexion.
Puis, une main d’écriture qui met en évidence le laps de temps écoulé entre l’écriture du « j » et la fin de la lettre « e ». A son tour, le message interroge.