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L'instant présent

L'instant présent, peinture de KORB

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Ma réflexion

Ce moment magique qui nous donne le sentiment d’exister, n’est qu’un instant furtif, mais en mouvement. C’est la frontière invisible qui sépare le passé du futur. A l’instant même où vous prenez conscience que vous existez, les millisecondes qui ont précédé cette réflexion, sont déjà dans le passé, et, les suivantes, qui vont immanquablement arriver, sont encore dans le futur. Et pourtant, nous avons la sensation que le présent est un instant stable, qui dure dans le temps. Nous évoluons dans notre environnement, sur un espace qui semble solide. Nos pieds sont ancrés au sol. Nous ressentons cet instant comme une réalité, comme une certitude. L’évidence est telle qu’on ne se pose jamais la question, que l’on ne cherche jamais à savoir, si oui ou non, il existe. A quoi bon d’ailleurs se poser ce genre de question car nous sommes convaincus que tout ce que nous vivons est bien réel, que tout existe.
Et pourtant… Il n’est en fait qu’une succession d’images, que nous conservons en mémoire pendant un laps de temps suffisant, pour que nous soyons persuadés, que le moment que nous vivons est durable. Mais alors ? qu’en est-il de cet espace sur lequel nous posons nos pieds ?

La construction de la toile

Faire du projecteur l’élément principal de la toile s’est tout de suite imposé, car j’ai toujours comparé l’instant présent à une image extraite d’un film. La comparaison, selon moi, est parfaite. Un film est composé en moyenne de 24 image/seconde, lesquelles, lorsqu’elles sont projetées les unes derrière les autres sur un écran, et à vitesse constante, donnent l’illusion que ce que nous voyons peut être réel. Il en est de même lorsqu’elles sont projetées sur la rétine. La représentation de l’instant présent est, là aussi, une succession d’images projetées qui seront interprétées par le cerveau. Une particularité commune, dans les deux cas, les images sont fixées à l’envers sur la pellicule et sont projetées à l’envers sur la rétine.
L’arrêt sur image symbolise l’instant présent. Le texte qui l’accompagne pose question. Que se passerait-il si le mouvement sur lequel est accroché nos vies, venait soudainement à s’arrêter ? Resterions-nous figés dans notre dernière position ? Ou bien, est-ce que notre image disparaît, comme au cinéma, à la fin de la séance ?
Le ruban de film en bas de la toile, rappelle que chaque vie est une histoire qui pourrait aisément s’inscrire sur une pellicule.